- ou destiné à être consommé dans le processus de production ou de prestation de services, sous forme de matières premières ou de fournitures.
1. RÈGLES COMPTABLES
Les stocks et les en-cours sont comptabilisés en classe 3 parmi les actifs circulants et inscrits comme tels pour leur montant hors taxes au bilan de l’entreprise.
L’inventaire extracomptable ( reconnaissance physique) permet de recenser et d’évaluer les existants en stocks.
- l’inventaire intermittent : les stocks sont valorisés une seule fois en fin d’exercice et leurs mouvements négligés en cours d’exercice. Un ajustement de leur valeur a donc lieu à l’issue de l’inventaire extracomptable. Au cours de l’exercice, l’entreprise suit le niveau de ses stocks dans une comptabilité annexe à la comptabilité générale : comptabilité analytique ou comptabilité matière ;
- ou l’inventaire permanent : les comptes de stocks sont mouvementés au fur et à mesure des entrées et des sorties de stocks issus des mouvements d’achats, de production et de ventes de l’entreprise, tout au long de l’année.
2. COMPTES UTILISÉS
Les deux premières sont directement liées aux charges et leurs variations intégrées dans les charges du compte de résultat (en + ou en –, voir supra).
Compte Variation
de stocks de stocks
¬ 1. Les marchandises 37 6037
Elles ne font pas l’objet de transformation par l’entreprise et sont donc revendues en l’état.
Ce sont les produits fabriqués par l’entreprise, que le cycle de production soit entièrement achevé (produits) ou achevé en partie (en-cours). Ils sont donc rattachés aux produits et leurs variations sont intégrées dans la colonne « Produits » du compte de résultat.
3. DÉTERMINATION DU COUT D’ENTRÉE DES STOCKS
À leur date d’entrée dans le patrimoine, les stocks sont enregistrés :
- à leur coût d’acquisition, pour les approvisionnements et marchandises ;
- à leur coût de production, pour les produits fabriqués par l’entreprise (produits et en-cours).
3.1. Coût d’acquisition
Il comprend :
– le prix d’achat ;
– les droits de douane et autres taxes non récupérables ;
– les frais de transport, de manutention et autres coûts directement attribuables à l’acquisition de produits finis, des matières premières et des services.
Les rabais commerciaux, remises, escomptes de règlement sont déduits pour déterminer le coût d’acquisition.
3.2. Coût de production
Il comprend :
– les coûts directement liés aux unités produites (la main d’œuvre directe, par exemple) ;
– les frais généraux fixes ou variables encourus pour transformer les matières premières en produits finis.
Les frais fixes sont les coûts indirects de production restant constants quel que soit le volume de production (entretien des bâtiments, par exemple).
Les frais variables sont les frais de production variant avec le volume de production.
3.3. Coûts exclus de l’évaluation des stocks
Certains coûts ne peuvent pas être inclus dans l’évaluation des stocks. Il s’agit notamment :
- des frais de commercialisation ;
- des frais généraux ne contribuant pas à amener les stocks dans le lieu et l’état où ils se trouvent (frais généraux administratifs, par exemple) ;
- des consommations anormales de matières premières, maintenance et autres éléments de production ;
- des coûts de stockage, à moins que ces coûts soient nécessaires au processus de production préalablement à une nouvelle étape de production ;
- des pertes de change liées à l’acquisition des stocks.
4. OPÉRATIONS COMPTABLES DANS LE CAS DE L’INVENTAIRE INTERMITTENT
4.1. Mécanisme
– En cours d’exercice :
• tous les achats de matières premières et de marchandises sont comptabilisés dans les comptes de charges d’exploitation (subdivisions du compte 60 en fonction de la nature du bien acheté, sauf 603) ;
• toutes les ventes de marchandises, de produits ou de services sont comptabilisées dans les comptes de produits d’exploitation ( subdivisions du compte 70 en fonction de la nature du bien vendu).
– À l’inventaire, il convient de tenir compte de l’évolution des stocks pour corriger le résultat.
4.1.1. POUR LES MARCHANDISES, MATIÈRES PREMIÈRES ET AUTRES APPROVISIONNEMENTS
Cas 1 Une augmentation de stocks correspond à des achats effectués pendant l’exercice en cours, mais qui vont être utilisés pour l’activité de l’exercice suivant. Il convient donc , selon le principe d’indépendance des exercices, de rattacher ces achats à l’exercice et au résultat N + 1. Il faut donc neutraliser la charge qui avait été constatée en N lors de leur acquisition.
Le transfert se fait par le bilan ( les stocks non encore consommés seront inscrits en classe 3 à l’actif du bilan. )
Le bilan et, ici, les comptes de classe 3 présentent le patrimoine de l’entreprise à la date de clôture de l’exercice. À ce moment précis, les stocks en font partie. Puisque ces achats ont été comptabilisés au cours de l’année au débit d’un compte de la classe 6, la neutralisat ion intervient par les comptes de variation de stocks 603 dont le solde créditeur diminuera les charges qui grèvent le résultat.
Cas 2 À l’inverse, un déstockage correspond à l’utilisation de charges constatées sur des exercices antérieurs, il convient de les rattacher à l’exercice qui se termine. Dans ce cas, le compte 603 aura un solde débiteur qui viendra en augmentation des charges déjà inscrites au résultat.
4.1.2. POUR LES EN COURS DE PRODUCTION ET PRODUITS FINIS
Ces stocks intègrent des achats de l’exercice et de la valeur ajoutée de cet exercice au cours du processus de fabrication. Ces stocks et en-cours sont donc assimilés à des produits.
Cas 3 Une production stockée, qui se traduit par une augmentation du stock, est un produit supplémentaire au compte de résultat. Le solde créditeur du compte 713 viendra impacter le résultat de la même manière que les autres produits.
Cas 4 Un déstockage est une réduction des produits au compte de résultat. Le solde débiteur du 713 viendra alors en diminution des produits dans le compte de résultat.
4.1.3. EXEMPLES
Cas 1 Achats de matières premières
Stock initial = 100
Stock final = 150
Soit 50 de stockage de matières premières, qui seront utilisées au cours de l’exercice suivant.
La variation de stock de matières premières est égale au solde créditeur du compte 6031, soit 50.
Cette variation va venir réduire les charges, puisque celles-ci sont reportées sur l’exercice suivant.
Cas 2 Marchandises
Stock initial = 140
Stock final = 100
Déstockage de 40, qui correspond à un flux comptabilisé l’année précédente et utilisé au cours de l’exercice.
La variation de stock de marchandises est égale au solde débiteur du compte 6037, soit 40.
Cette variation va venir augmenter les charges, donc diminuer le résultat comptable.
Cas 3 Produi ts finis A
Stock initial = 100
Stock final = 250
Stockage de 150 qui vient en augmentation des produits. Ils seront vendus au cours d’exercices ultérieurs.
La variation de stock de produits finis A est égale au solde créditeur du compte 71351, soit 150.
Cette variation viendra augmenter les produits, donc le résultat comptable.
Cas 4 Produits finis B
Stock initial = 500
Stock final = 250
Déstockage de 250, correspondant à des produits finis produits en N – 1 et vendus en N.
La variation de stocks de produits finis B est égale au solde débiteur du compte 71352, soit 250.
Cette variation viendra diminuer les produits, donc amoindrir le résultat comptable.
4.2. Schéma comptable
Le schéma comptable est la deuxième méthode pour comprendre quel signe il convient de placer avant les chiffres de variation des stocks. Les écritures d’inventaire concernant les stocks sont au nombre de quatre :
I. Annulation du stock initial
|
DEBIT |
CREDIT |
LIBELLE |
DEBIT |
CREDIT |
|
6031
6037
71351
71352
|
31
37
351
352
|
Variation de stocks de matières premières
Variation de stocks de marchandises
Variation de stocks de produi ts finis A
Variation de stocks de produits finis B
à Stocks de matières 1res
Stocks de marchandises
Stocks de produits finis A
Stocks de produits finis B
|
100
140
100
500
|
100
140
100
500
|
II. Intégration du stock final
|
DEBIT |
CREDIT |
LIBELLE |
DEBIT |
CREDIT |
|
31
37
351
352
|
6031
6037
71351
71352
|
Stocks de matières 1res
Stocks de marchandises
Stocks de produits finis A
Stocks de produits finis B
à Variation de stocks de matières premières
Variation de stocks de marchandises
Variation de stocks de produi ts finis A
Variation de stocks de produits finis B
|
150
100
250
250
|
150
100
250
250
|
III. Reprise de la provision éventuelle sur le stock initial
(Voir article sur les provisions)
IV. Constatation de la provision éventuelle sur le stock final.
(Voir article sur les provisions)
5. OPÉRATIONS COMPTABLES DANS LE CAS DE L’INVENTAIRE PERMANENT
Les schémas d’écritures sont les mêmes que dans le cas de l’inventaire intermittent. Par contre, la périodicité est différente. En cours d’exercice :
- tous les achats sont comptabilisés en charges d’exploitation (subdivisions du compte 60, sauf 603).
Dans le même t emps, les comptes de stocks (classe 3) sont débités (entrée en stocks) de la valeur des achats par le crédit des comptes de variation de stocks (subdivisions du compte 603) ;
- lorsque les matières ou autres approvisionnements sont utilisés dans le processus de fabrication, les comptes de stocks de matières et autres approvisionnements (classe 3) sont mis à jour, c’est-à-dire qu’ils sont crédités (sortie des stocks) par le débit des comptes de variation de stocks (subdivisions du compte 603) ;
- au fur et à mesure du cycle de production, les en-cours sont comptabilisés au débit des comptes d’en-cours de production (classe 3) par le crédit des comptes de variation des stocks d’en-cours (subdivisions du compte 713). Ils sont valorisés à leur coût de revient ;
- en fonction de la longueur ou de la complexité des processus de fabrication, les stocks d’en-cours peuvent être détaillés en autant de subdivisions qu’il y a d’étapes dans la production. Les écritures d’entrée et de sortie des comptes d’en-cours sont multiplié es d’autant, jusqu’à la comptabilisation au débit des comptes de stocks de produits finis ;
- la sortie des stocks de produits finis (crédit classe 3) est comptabilisée, au moment de leur vente, par le débit des comptes de variation de stocks de produits finis (subdivisions du compte 713).
Le recours à l’inventaire permanent ne dispense pas l’entreprise de réaliser chaque année un inventaire physique qui servira à intégrer des événements non comptabilisés tels que les destructions de stocks et à évaluer les risques encourus par les stocks afin de constituer des provisions si cela s’avère nécessaire.
OUTGDA Mektar